À la fête en question, aussitôt que les parents Reddan eurent le dos tourné, Hillel eut le bras tordu, fut forcé d'embrasser et de renifler les fesses du chien de la maison avant de se faire savonner le visage avec le glaçage du gâteau d'anniversaire et d'être jeté tout habillé dans la piscine. Entendant le bruit des éclaboussures et les rires des enfants, Madame Reddan accourut, réprimanda vivement Hillel pour s'être baigné sans permission préalable, puis lorsqu'elle découvrit le saccage du millefeuille et que son fils, en pleurs, lui expliqua qu'Hillel avait voulu manger le gâteau avant même qu'il ait soufflé les bougies et sans partager avec personne, elle téléphona à Tante Anita, lui intimant de venir chercher son garçon sur-le-champ. En arrivant devant le portail des Reddan, Tante Anita trouva la mère qui tenait fermement Hillel par le bras, et à côté d'elle, Porc, en larmes, dans le rôle de sa vie, et qui expliquait, entre deux sanglots, qu'Hillel avait gâché toute la fête. Sur le chemin du retour, Tante Anita lança à son fils un regard désapprobateur. Elle finit par soupirer : « Pourquoi as-tu toujours besoin de te faire remarquer, Hillel ? N'as-tu pas envie de te faire quelques bons copains ? »
Hillel se vengea par la rédaction d'un nouveau texte. Cette fois-ci, pas question de passer par le journal de l'école. Il décida d'éditer et photocopier lui-même l'histoire qu'il avait écrite. Le jour de la parution du journal de l'école, il remplaça les exemplaires officiels dans les présentoirs par le numéro de son cru. En découvrant la supercherie, Madame Chariot se précipita dans le bureau du principal Hennings avec tous les exemplaires du pamphlet qu'elle avait pu récolter. « Frank, Frank ! Regarde ce qu'Hillel Goldman a encore fait ! Il a édité un journal pirate avec un texte affreux ! » Hennings attrapa l'une des copies que Madame Chariot lui tendait, la lut et manqua de s'étouffer. Il convoqua immédiatement Oncle Saul, Tante Anita et Hillel.
Le texte s'intitulait
— Monsieur et Madame Goldman, expliqua calmement Hennings à Oncle Saul et Tante Anita, votre fils a de nouveau écrit un texte intolérable. Il s'agit d'une apologie de la violence et il est tout à fait inacceptable d'avoir ce genre de publication au sein d'Oak Tree.
— Liberté d'écrire, liberté d'opinion ! protesta Hillel.
— Ah non, mais ça suffit ! s'agaça Hennings. Cesse de nous comparer à un gouvernement fasciste !
Hennings prit ensuite un air très embêté et expliqua à Oncle Saul et Tante Anita qu'il ne pourrait pas garder Hillel très longtemps au sein de l'école s'il ne faisait pas un effort d'intégration. À la demande de ses parents, Hillel promit de ne plus récidiver en matière de pamphlet. Il fut également convenu qu'il devrait rédiger une lettre d'excuses qui serait affichée dans l'école.