Au moment où sonna la cloche annonçant la fin de la journée, Hillel s'enfuit de la classe avec Porc à ses trousses. « Attrapez la Crevette ! hurla Porc. Attrapez-le, on va lui faire sa fête. » Hillel galopa à travers les couloirs puis, au moment de sortir du côté du terrain de basket, il profita de sa petite taille pour se faufiler à contre-courant à travers une nuée d'enfants qui descendaient les escaliers depuis leurs salles de classe. Il remonta au premier étage puis traversa les couloirs déserts jusqu'à un local de conciergerie. Il s'y terra longuement, retenant sa respiration. Le sang battait ses tempes, le bruit de son cœur résonnait dans ses oreilles. Lorsqu'il osa sortir, il faisait nuit. Les couloirs étaient éteints et déserts. Il se déplaça sur la pointe des pieds, cherchant la sortie, et reconnut bientôt le couloir qui menait à la salle de rédaction du journal. En passant devant, il remarqua que la porte était entrebâillée et il perçut de drôles de bruits. Il s'immobilisa et écouta. Il distingua la voix de Madame Chariot. Puis il entendit le son d'une claque suivi d'un gémissement. Il regarda par l'entrebâillement de la porte mal fermée et vit le principal Hennings, assis sur une chaise. Avec, étendue sur lui et lui présentant ses fesses, Madame Chariot, la jupe et la culotte baissées. D'une main ferme, il la fessait amoureusement et à chaque coup, elle gémissait délicieusement.

— Salope ! déclara-t-il à l'intention de Madame Chariot.

— Oui, je suis une grosse salope dégoûtante, répéta-t-elle.

— Salope ! confirma-t-il.

— J'ai été une très vilaine élève, Monsieur le principal, avoua-t-elle.

— Tu as été une vilaine petite salope ? interrogea encore Hennings.

Hillel, qui ne comprenait rien de la scène qui se déroulait sous ses yeux, poussa brusquement le battant de la porte et s'écria :

— Les gros mots, c'est pas beau !

Madame Chariot se dressa d'un bond et poussa un hurlement strident.

— Hillel ? bégaya Hennings tandis que Madame Chariot relevait sa jupe avant de s'enfuir.

— Qu'est-ce que vous fabriquez ? demanda Hillel.

— On faisait un jeu, répondit Hennings.

— Ça ressemble surtout à un chahut, constata Hillel.

— Nous… Nous faisions de l'exercice. Et toi, qu'est-ce que tu fais là ?

— Je me cachais parce que les autres enfants veulent me taper et me faire avaler du caca de chien, expliqua Hillel au principal qui ne l'écoutait plus et cherchait Madame Chariot dans le couloir.

— C'est très bien, dit Hennings. Adeline ? Adeline, tu es là ?

— Est-ce que je peux rester caché ? demanda Hillel. J'ai vraiment peur de ce que Porc va me faire.

— Oui, c'est très bien, mon garçon. As-tu vu Madame Chariot ?

— Elle est partie.

— Partie où ?

— Je sais pas, vers là-bas.

— Bon, occupe-toi un instant, je reviens tout de suite.

Hennings longea le couloir en appelant : « Adeline ? Adeline, où es-tu ? » Il trouva Madame Chariot recroquevillée dans un coin.

— Ne t'inquiète pas, Adeline, lui dit-il, le petit n'a rien vu.

— Il a tout vu ! hurla-t-elle.

— Non, non. Je t'assure.

— Vraiment ? demanda-t-elle, la voix tremblante.

— Certain. Tout va bien, tu n'as aucune inquiétude à avoir. Et puis, ce n'est pas le genre à faire des histoires. Ne t'en fais pas, je vais lui parler.

Mais de retour à la salle de rédaction du journal, Hennings ne put que constater qu'Hillel n'y était plus. Il le retrouva une heure plus tard, chez lui, lorsque Hillel sonna à la porte de sa maison.

— Bonjour, Monsieur le principal.

— Hillel ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ?

— Je crois que j'ai quelque chose qui vous appartient, dit Hillel en sortant de son sac une culotte de femme.

Hennings ouvrit des yeux comme des billes et battit l'air de ses mains.

— Range-moi cette saleté ! ordonna-t-il. Je ne sais pas de quoi tu parles !

— Je pense que c'est à Madame Chariot. Vous lui avez baissé la culotte pour la battre et elle a oublié de la remettre. C'est étrange parce que, si moi j'oubliais de mettre ma culotte, je sentirais les courants d'air sur le zizi. Mais peut-être que les femmes, comme elles ont le zizi à l'intérieur, elles ne sentent pas les courants d'air.

— Tais-toi et fiche le camp ! siffla Hennings.

On entendit depuis le salon la voix de la femme de Monsieur Hennings demander qui avait sonné.

— Rien, chérie, répondit Hennings d'une voix de miel. Un élève en difficulté.

— Peut-être qu'on devrait demander à votre femme si c'est sa culotte ? suggéra Hillel.

D'un geste maladroit, Hennings essaya d'attraper la culotte mais comme il n'y parvint pas, il cria à l'attention de sa femme :

— Chérie, je vais faire trois pas dehors !

Il sortit sur le trottoir en pantoufles et entraîna Hillel avec lui.

— T'es pas fou de venir ici ?

— J'ai vu qu'il y avait un kiosque qui vend des glaces là-bas, dit Hillel.

— Je ne vais pas t'acheter une glace. C'est l'heure de dîner. Et puis, comment tu es venu ici ?

— Je me demande si Madame Chariot aime mettre de la glace sur ses fesses toutes rouges ? continua Hillel.

— Viens, nous allons t'acheter une glace.

Перейти на страницу:

Похожие книги