— Oui, il y a beaucoup de traits communs entre la Renais sance et le romantisme, entre autres la place privilégiée accordée à Fart comme moyen de connaissance. Kant n'y est pas étran ger, puisque dans son
— L'artiste peut donc faire passer quelque chose que les phi losophes sont incapables d'exprimer?
— Telle était du moins la conception des romantiques. L'artiste exerce librement, pour Kant, sa faculté de connais sance et joue avec elle. Le poète allemand
— Ce n'est pas si surprenant puisque l'artiste crée sa propre réalité exactement de la même fàçon que Dieu a créé le monde.
— L'artiste a une imagination créatrice. Porté par son élan créateur, il abolit la différence entre le rêve et la réalité.
(Et si vous dormiez ? Et si dans votre sommeil vous rêviez ? Et si, dans votre rêve, vous alliez au ciel cueillir une fleur aussi belle qu'étrange? Et si, à votre réveil, vous teniez la fleur à la main? Ah ! que diriez-vous?)
— C'est joliment dit.
— Cette nostalgie, cette quête de quelque chose d'éloigné et d'insaisissable était caractéristique de la mentalité romantique. On regrettait les époques révolues comme le Moyen Âge par exemple, qui profita alors de l'image négative du siècle des Lumières. Les romantiques voulaient aussi retrouver la trace de cultures plus lointaines, comme la culture et la mystique orientales. Ils se sentaient attirés par la nuit, les lueurs crépus culaires, les ruines et le surnaturel, en un mot par tous les aspects nocturnes, c'est-à-dire étranges et mystiques, de l'exis tence.
— Ça paraît plutôt attirant comme époque. Mais qui étaient ces romantiques dont tu parles?