— Sartre ajoute que l'homme se sent
— Il y en a encore beaucoup qui pensent que tout est « pourri » et que le monde est « foutu »...
— Oui, Sartre décrit l'homme de la ville au xxe siècle. La Renaissance, tu t'en souviens, avait montré de façon quasi triomphale la liberté et l'indépendance de l'homme, alors que pour Sartre la liberté est un poids terrible. « L'homme est condamné à être libre, dit-il. Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et cependant libre. Car une fois qu'il est jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu'il fait. »
— Nous n'avons demandé à personne de nous créer en tant qu'individus libres.
— C'est bien l'avis de Sartre. Mais de fait, nous
que nous « devons » aller travailler ou que nous « devons » tenir compte des convenances de la société bourgeoise pour savoir comment nous allons vivre. Quelqu'un qui subit ces pressions de l'extérieur devient un être anonyme qui se fond dans la masse. Cette personne se ment à elle-même pour entrer dans îe moule, elle se réfugie dans la mauvaise foi. La
— Je comprends.
— Cela concerne en priorité nos choix en matière de morale. Pas question de rejeter la faute sur la « nature humaine », la « misère de l'homme » et ce genre de choses. Mais si Sartre sou tient que l'existence n'a pas de signification en soi, cela ne veut pas dire pour autant qu'il est heureux qu'il en soit ainsi. D n'est pas non plus ce que nous appelons un
— Qu'est-ce que c'est?
— C'est quelqu'un qui considère que rien n'a de sens et que tout est permis. Sartre pense que la vie
— Est-ce que tu peux développer ?
— Sartre essaie de montrer que la conscience n'est pas quelque chose en soi avant de percevoir quelque chose. Car la conscience est toujours
— Tu n'aurais pas un exemple, par hasard ?