Oui, il s'agissait maintenant déclairer » les couches profondes de la population. C'était la condition sine qua non pour fonder une meilleure société. La misère et l'exploitation n'étaient selon eux que la conséquence de l'ignorance et de la superstition si répandues parmi le peuple. C'est pourquoi les philosophes de cette époque accordèrent une place primordiale à l'éducation du peuple et des enfants. Ce n'est pas un hasard si la pédagogie date du siècle des Lumières.

Si je comprends bien, l'école date du Moyen Âge et la pédagogie du siècle des Lumières?

S tu veux, oui. I,'œuvre marquante du siècle des Lumières fut une grande encyclopédie et cela est significatif.

Cette Encyclopédies 28 volumes parut de 1751 à 1772 avec la collaboration de tous les grands philosophes du siècle des Lumières. « On y trouve tout, disait-on, de la manière de fabri quer une aiguille à la manière de fondre un canon. »

Tu voulais aussi parler de l'optimisme culturel.

Tu ne pourrais pas laisser la carte de côté pendant que je te parle?

Pardon.

Ces philosophes pensaient qu'il suffisait de répandre la raison et la connaissance pour que l'humanité progresse à grands pas. Ce n'était qu une question de temps pour que Fignorance et la superstition cèdent la place à une humanité « éclairée ». Le progrès est une bonne chose s'il suit la lumière naturelle de la raison. Pour certains, le nouveau mot d'ordre fut le retour à la nature. Mais pour ces philosophes le mot « nature » signifiait presque la même chose que « raison ». Car la raison de l'homme est pour eux une donnée de la nature. Le « bon sau vage » fut cité en exemple parce qu'il n'était pas corrompu par

la « civilisation ». « Nous devrions retourner a la nature », telle est la formule de Jean-Jacques Rousseau. Car la nature est bonne et l'homme est, par nature, bon. Tout le mal réside en la société. L'enfant devrait, selon lui, avoir le droit de vivre dans son état d'innocence « naturelle » aussi longtemps que possible. encore le statut particulier de l'enfance date du siècle des Lumières, alors qu'avant ce n'était qu'une préparation à la vie d'adulte. Nous sommes en effet des êtres humains et vivons notre vie sur terre même lorsque nous sommes enfants.

Ça paraît pourtant une évidence.

Quant à la religion, il fallait qu'elle redevienne « natu relle ».

Comment ça?

La religion devait retrouver des racines rationnelles et beaucoup luttèrent pour imposer ce qu'on pourrait appeler une religion naturelle. C'est mon sixième point. De nombreux maté rialistes dignes de ce nom ne croyaient en aucun dieu et affi chaient un athéisme de bon aloi. Cependant, les philosophes du siècle des Lumières trouvaient qu'on ne pouvait concevoir un monde sans Dieu. Le monde était trop soumis à la raison pour envisager une telle possibilité. Newton partageait ce point de vue. La croyance en l'immortalité de l'âme relevait davantage

du domaine de la raison que de celui de la foi, exactement comme pour Descartes.

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