— Ça, c'est un peu bizarre, car c'est vraiment un exemple pour moi de ce qui relève typiquement de la foi et non du savoir.
— Mais tu ne vis pas au xvIIF siècle. Ce que les philosophes du siècle des Lumières voulaient, c'était dépoussiérer le chris tianisme de tous ces dogmes arbitraires et de ces professions de foi qui venaient se substituer au message de Jésus dans le cours de 1 histoire de l'Église.
— Là-dessus, je suis d'accord avec toi.
— Beaucoup se déclarèrent pour ce qu'on a appelé le
— C'est quoi?
— Le déisme est une conception selon laquelle Dieu a créé le monde il y a très, très longtemps, et ne s est pas manifesté depuis. Dieu se réduit donc à un « Être suprême » qui ne se révèle qu'à travers la nature et ses lois, et non de manière « sur naturelle ». Chez Aristote aussi nous avions trouvé la présence d'un « Dieu philosophique » : Dieu était la « première cause » ou le « premier moteur » de l'univers.
— Il ne reste plus qu'un dernier point et c'est la question des
— C'est peut-être le point le plus important de tous. En effet, les philosophes français du siècle des Lumières avaient un sens pratique beaucoup plus développé que leurs compatriotes anglais.
— Ils mettaient en pratique leurs théories philosophiques ?
— Oui, ils luttaient pour la reconnaissance des « droits naturels » des citoyens. Il s'agissait tout d'abord de la censure, c'est-à-dire de la liberté d'expression, dans le domaine de la religion, de la morale et de la politique. Chacun devait pouvoir penser librement et exprimer ses convictions. Et il s'agissait aussi de lutter contre l'esclavage et d'adoucir le traitement des criminels.
— Difficile de ne pas être d'accord sur tous ces points, je trouve.
— Le principe de l'« inviolabilité de tout individu » est exposé
à la fin de la
— Et pourtant il y en a tant qui se battent encore au jourd'hui pour faire reconnaître leurs droits !
— Oui, malheureusement. Les philosophes des Lumières voulaient établir les droits inaliénables de chaque individu, du seul fait qu'il est né homme. C'est ce qu'on entend par droits « naturels » et qui bien souvent s'oppose aux lois en vigueur dans tel ou tel pays. Et c'est au nom de ce « droit naturel » que des personnes ou des couches de population se révoltent pour conquérir un peu plus de liberté et d indépendance.
— Et qu'en est-il du droit des femmes ?
— La révolution de 1789 établissait un certain nombre de droits qui valaient pour tous les « citoyens ». Il est clair qu'on entendait surtout par là les hommes. Cependant, c'est précisé ment sous la Révolution française que nous voyons les premiers mouvements de lutte des femmes.
— Ce n'était pas trop tôt!