— Dès 1787, le philosophe
— Est-ce qu'elles obtinrent gain de cause ?
— Non. Comme bien souvent, ces questions étaient liées au contexte général d'une révolution. Dès la Restauration, on revint à l'ordre social traditionnel avec la domination mascu line habituelle.
— C'est toujours la même chose...
— Une de celles qui luttèrent pour l'égalité des droits entre hommes et femmes fut
— Et alors?
— Elle fut guillotinée en 1793 et toute action politique fut désormais interdite aux femmes.
— Mais c'est incroyable !
— Il fallut attendre le xixe siècle pour qu'il y eût un nouveau mouvement des femmes en France et dans toute l'Europe. Petit à petit, les femmes gagnèrent du terrain et en Norvège, par exemple, elles obtinrent en 1913 le droit de vote. Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir quand on voit ce qui se passe dans certains pays.
— Pour ça, oui.
Alberto se tut un instant et regarda le lac.
— Voilà en gros ce que je tenais à t'apprendre sur le siècle des Lumières, dit-il au bout d'un moment
— Pourquoi « en gros » ?
— Je crois que je n'ai plus grand-chose à dire sur le sujet.
Pendant qu il prononçait ces mots, il se passait quelque
chose là-bas, au milieu du lac. L'eau semblait bouillonner et, surissant des profondeurs, une forme énorme et hideuse appa rut a la surface de l'eau.
— Un serpent de mer ! hurla Sophie.
La créature monstrueuse sortit plusieurs fois hors de l'eau avant de replonger dans les profondeurs et de laisser la surface de l'eau redevenir aussi calme qu'auparavant
Alberto avait détourné le regard.
— Allez, on rentre, dit-il.
Ils se levèrent et entrèrent dans le chalet.
Sophie se plaça devant les tableaux de Berkeley et Bjerkefy. Elle montra du doigt ce dernier :
— Je crois que Hilde habite quelque part à l'intérieur du tableau.
Entre les tableaux se trouvait à présent une tapisserie sur laquelle étaient brodées en lettres capitales : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, IMIHWIK
— C'est toi qui l'as accrochée là? demanda Sophie en se tournant vers Alberto.
Celui-ci se contenta de secouer la tête en faisant une grimace de découragement.