— Eh bien, c'est le romantisme national qui connut un essor quelques années plus tard à Heidelberg. Les romantiques natio naux s'intéressaient surtout à l'histoire, à la langue du « peuple », c'est-à-dire à tout ce qui relevait de la culture « populaire ». Car le peuple aussi était considéré comme un organisme devant développer ses possibilités internes, tout comme la nature ou l'histoire.
— Dis-moi où tu vis et je te dirai qui tu es...
— Ce qui relie ces deux aspects du romantisme, c'est la notion d'organisme. Tout, que ce soit une plante, le peuple, un poème, la langue ou la nature tout entiere, était considéré comme un organisme vivant. L'esprit du monde était tout aussi présent dans la culture populaire que dans la nature et l'art.
— Je comprends.
— Herder avait rassemblé des chansons populaires de nom breux pays et il avait fort judicieusement intitulé son recueil :
— Ah ! oui...
— Et tant d'autres. De même en Norvège,
— La musique dite savante?
— C'est-à-dire composée selon des règles bien précises par une seule personne, disons Beethoven. Alors que la musique populaire venait du peuple lui-même et non d'un seul individu. Aussi est-il très difficile de dater les airs populaires. C'est la même chose pour les contes populaires par rapport à la littéra ture dite savante.
— La littérature dite savante?
— Oui, c'est une littérature écrite par une seule personne, prenons
— Ça me dit quelque chose, les
— La forme du conte était une des formes littéraires de pré dilection des romantiques, comme avait pu l'être le théâtre pour la période baroque. Cela permettait à l'écrivain de laisser libre cours à son imagination.
— Il pouvait se croire le dieu d'un univers recréé de toutes pièces.
— Exactement. Bon, je crois que nous pouvons à présent nous résumer.
— Je t'en prie !