— Oui, ça me fait plaisir, mais en fait... c'est pour ça que j'appelle...

— Ah?

— Je crois qu'il atterrit vers cinq heures samedi 23. Est-ce que vous serez à Copenhague à ce moment-là ?

A priori, oui. Pourquoi ça?

— Je me demandais si vous ne pourriez pas me rendre un petit service.

— Mais bien sûr, voyons.

— C'est-à-dire que c'est un peu spécial. Je ne sais pas si c'est possible.

— Je suis curieuse de savoir de quoi il s'agit...

Alors Hilde se mit à expliquer toute l'histoire avec le clas seur, Alberto et Sophie, etc. Elle dut recommencer plusieurs fois parce que tantôt elle tantôt sa tante éclatait de rire à l'autre bout du fil. Mais, quand elle raccrocha, son plan était bien arrêté.

Il ne lui restait plus qu'à prendre quelques dispositions concernant la maison. Mais elle avait quelques jours devant elle.

Le reste de l'après-midi et la soirée, Hilde les passa en compagnie de sa mère et elles prirent finalement la voiture pour aller au cinéma à Kristiansand. Ça changeait un peu de la veille où elles n'avaient rien fait de spécial pour l'anniver saire. En passant près de l'aéroport de Kjevik, les dernières pièces du puzzle auquel elle ne cessait de penser se mirent à leur place.

Elle attendit d'aller au lit pour poursuivre sa lecture dans le grand classeur.

Quand Sophie regagna sa cabane, il était presque huit heures. Sa mère était en train de désherber quelques plates- bandes à l'entrée quand elle apparut.

Tu sors d' comme ça?

De la haie.

De la haie?

Tu ne sais pas qu'il y a un autre chemin de l'autre côté ?

Mais es-tu allée, Sophie? Ce n'est pas la première fois que tu disparais tout l'après-midi sans prévenir.

Excuse-moi. Il faisait si beau dehors. J'ai fait une longue balade.

Sa mère se redressa et, lui jetant un regard inquisiteur :

Je parie que tu es allée retrouver ton philosophe !

En effet. Je t'ai déjà dit qu'il aimait se balader.

Il viendra à ta fête?

Oh ! oui, ça lui fait très plaisir.

Eh bien, moi aussi. Je compte les jours, Sophie.

La voix de sa mère manquait de naturel. Aussi Sophie pré féra-t-elle ajouter :

Je suis bien contente d'avoir aussi invité les parents de Jorunn, ça aurait été un peu pénible sinon...

Humm... De toute façon, j'aurai deux mots à lui dire, à ton Alberto, d'adulte à adulte.

Je vous prête ma chambre, si tu veux. Je suis sûre qu'il va te plaire.

Mais enfin!... À propos : tu as reçu une lettre.

Ah bon?

Le cachet de la poste indique « Contingent des Nations unies».

Alors ça vient du frère d'Alberto.

Écoute, maintenant ça suffît, Sophie.

Sophie fut prise de panique, mais en l'espace d'une seconde, elle avait trouvé une réponse plausible. C était comme si une âme secourable lui venait en aide.

J'ai raconté à Alberto que je fais la collection de timbres rares. Ça peut toujours servir d'avoir un frère.

Cette reponse réussit à convaincre sa mère.

Tu trouveras ton dîner dans le réfrigérateur, déclara cette dernière sur le ton de la réconciliation.

as-tu mis la lettre ?

Sur le réfrigérateur.

Sophie rentra précipitamment. L'enveloppe indiquait le 15-06-1990. Elle ouvrit l'enveloppe et sortit un petit bout de papier :

Que signifie alors l'étemelle création ?

Emporter l'être créé et le réduire à rien ?

Non, Sophie ne trouvait rien à répondre à cette question. Avant de manger, elle glissa le papier dans tout le bric-à-brac qu'elle avait trouvé ces dernières semaines. Elle finirait bien par trouver pourquoi on lui posait une telle question.

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