Laisse-moi t'expliquer : nous ne pouvons pas tout simple ment prendre la voiture de quelqu'un ici en ville. Comment réagiraient les gens, à ton avis, s'ils voyaient une voiture rouler sans conducteur? Une autre chose est que nous aurions beau coup de mal à la faire démarrer.

Et cette voiture de sport-?

Je crois que je l'ai déjà vue dans un vieux film.

Excuse-moi, mais je commence à en avoir assez de toutes tes allusions plus obscures les unes que les autres.

C'est une voiture imaginaire, Sophie. Elle est exactement comme nous. Les gens qui passent ne voient qu'une place libre pour se garer. C'est la seule chose que je tiens à vérifier avant départir.

Ils attendirent un instant et virent un garçon foncer à bicy clette sur le trottoir. D donna un brusque coup de guidon et des cendit dans la rue en traversant la voiture rouge.

Tu vois ! C'est bien la nôtre.

Alberto ouvrit la portière avant droite.

Sois mon invitée ! dit-il et Sophie s'assit.

Il se mit au volant. Les clés étaient dessus et la voiture démarra sur-le-champ.

Ils descendirent l'allée de l'Église et arrivèrent sur la grande route de Drammen. Ils passèrent Lysaker et Sandvika. Ils voyaient de plus en plus de grands feux de la Saint-Jean, sur tout après avoir dépassé Drammen.

C'est la nuit du solstice d'été, Sophie. N'est-ce pas mer veilleux ?

C'est tellement agréable de rouler en décapotable et d'avoir le vent frais qui souffle au visage. Tu crois vraiment que personne ne peut nous voir?

Sauf ceux qui sont comme nous. Nous en rencontrerons peut-être. Quelle heure est-il?

Il est huit heures et demie.

D va falloir prendre un raccourci. Nous ne pouvons pas rester indéfiniment derrière ce camion.

-dessus, il bifurqua et s'engagea dans un grand champ de blé. Sophie se retourna et vit une large bande aépis de blé cou chés à terre après leur passage.

Ils diront demain que c'est le vent qui a soufflé sur les champs, se contenta de dire Alberto.

Le major Albert Knag atterrit à l'aéroport de Copenhague à quatre heures et demie ce samedi 23 juin. Il avait une longue journée derrière lui, ayant déjà, pour cette avant-dernière étape, pris l'avion à Rome.

Il passa le contrôle des passeports dans son uniforme des Nations unies, qu'il avait toujours porté avec grande fierté. Il ne représentait pas seulement lui-même ni son propre pays, mais une organisation de droit internationale, une tradition centenaire qui englobait à présent toute la planète.

Il portait juste un petit sac sur l'épaule, le reste de ses bagages ayant été enregistré à Rome. Il lui suffisait de brandir son petit passeport rouge.

Nothing to déclaré.

Le major Knag devait attendre presque trois heures sa cor respondance pour Lillesand. Autant acheter quelques cadeaux pour sa famille. Le plus grand cadeau de sa vie, il l'avait envoyé à sa fille, voilà deux semaines de cela. Sa femme Marit l'avait posé sur la table de nuit de sa fille afin que Hilde le trouve à son réveil, le jour de son anniversaire.

Depuis son coup de téléphone tard dans la soirée ce jour-là, il n'avait pas reparlé à Hilde.

Albert acheta quelques journaux norvégiens, s'assit au bar de l'aéroport et commanda une tasse de café. Il était en train de parcourir les gros titres lorsqu'il entendit au haut-parleur : « Message personnel pour monsieur Albert Knag. Mon sieur Albert Knag est prié de contacter le comptoir SAS. »

De quoi s'agissait-il? Albert Knag eut des sueurs froides. On ne lui demandait quand même pas de retourner au Liban ? Ou était-il arrivé quelque chose de grave à la maison ?

Il se présenta le plus vite possible à l'endroit demandé :

— C'est moi, Albert Knag.

— Ah ! très bien. C'est urgent.

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