Là encore, prenons un exemple : est-il vraiment possible que les minuscules souriceaux tètent le lait de leur mère tout comme les moutons et les cochons? Je sais que ça peut sembler tout à fait ridicule, mais arrêtons-nous un instant : une chose est sûre, c'est que les souris ne pondent pas. (Quand ai-je vu pour la der nière fois un œuf de souris?) Elles mettent en monde des petits
déjà vivants, exactement comme les cochons et les moutons. Mais les animaux qui mettent au monde des petits déjà vivants sont appelés mammifères et être un mammifère, c'est téter sa mère. Nous y voilà. Nous avions la réponse en nous, mais devions réfléchir un instant, réfléchir à la question. Dans notre précipitation, nous avions oublié que les souris tètent vraiment leur mère. Peut-être parce que nous n'avons jamais vu de sou riceaux téter car les souris sont gênées de nourrir leurs petits devant nous.
L'échelle de la nature
Quand Aristote s'occupe de « faire le ménage » dans l'exis tence, il commence aussitôt par dire que toutes les choses dans la nature peuvent être divisées en deux groupes principaux. D'un côté les
Concernant les « choses vivantes », Aristote indique qu'elles appartiennent à deux groupes : les
Reconnais que cette classification est simple et claire. Il y a une différence fondamentale entre une chose vivante et une chose Inanimée, par exemple entre une rose et une pierre. De même, il existe une différence fondamentale entre les végétaux et les animaux, par exemple entre une rose et un cheval. J'ajou terai même qu'à existe une différence assez nette entre un che val et un homme. Mais si l'on veut être plus précis, en quoi consistent ces différences? Peux-tu me le dire?
Je n'ai malheureusement pas le temps d'attendre que tu me répondes par écrit en glissant un sucre dans une enveloppe rose, aussi autant répondre moi-même : quand Aristote sépare les phénomènes naturels en différents groupes, il part des qua lités des choses, ou plus exactement de ce qu'elles
animaux et hommes) possèdent la faculté de se nourrir, de grandir et de se développer à partir d'elles-mêmes. Tous les « êtres vivants » (animaux et hommes) possèdent également la faculté de percevoir le monde environnant et de se mouvoir dans la nature. Tous les hommes ont en outre la faculté de pen ser, autrement dit de classer les impressions de leurs sens en dif férents groupes et catégories.