Vu sous cet amie, il n'y a pas de frontières bien délimitées dans la nature. Nous assistons davantage à un glissement du jlus simple au plus compliqué aussi bien pour les végétaux que jour les animaux. Tout en haut de cette échelle se trouve 'homme, dont la vie, selon Aristote, résume celle de la nature tout entière. L'homme grandit et se nourrit de plantes, il pos sède la faculté de percevoir le monde et de s y mouvoir au même titre que les animaux, tout en étant le seul par ailleurs à posséder une capacité exceptionnelle, celle de penser de manière rationnelle.
L'homme détient là une parcelle de raison divine, Sophie. Oui, j'ai bien dit divine. Aristote déclare dans certains passages qu'il doit exister un dieu qui doit avoir mis tout l'univers en mouvement Dieu se trouve ainsi placé tout en haut de l'échelle de la nature.
Aristote pensait que les mouvements des étoiles et des planètes gouvernaient les mouvements sur la Terre. Mais il doit exister quelque chose qui mette aussi en mouvement les planètes. C'est ce qu'Aristote appelait « le premier moteur » ou « Dieu ». « Le premier moteur » lui-même ne bouge pas, mais c'est lui qui est « la première cause » des mouve ments des planètes et partant de tous les mouvements dans la nature.
L'éthique
Revenons à l'homme, Sophie. La « forme » de l'homme est, selon Aristote, qu'il a à la fois une « âme de plante » (âme végé tative), une « âme d'animal » (âme sensitive) et une « âme de raison » (âme intellective). Il s'interroge alors : comment l'homme devrait-il vivre? Que faut-il pour qu'un homme vive une vie épanouie ?
Je vais répondre en une seule phrase : l'homme ne sera
heureux que s'il développe toutes les facultés qu'il possède en puissance.
Aristote distinguait trois formes de bonheur : la première forme de bonheur est une vie dans le plaisir et les divertisse ments. La deuxième forme de bonheur est de vivre en citoyen libre et responsable. La troisième forme de bonheur est de vivre en savant et philosophe.
Aristote souligne que ces trois conditions doivent être réunies pour que l'homme mène une vie heureuse. Il rejetait toute forme de parti pris. Mais s'il avait vécu aujourd'hui, il aurait sans doute critiqué celui qui ne cultive que son corps ou sa tête. Dans les deux cas, ce sont des limites extrêmes qui sont chaque fois l'expression d'un mode de vie déréglé.
Concernant les relations avec les autres hommes, Aristote indiqua la voie royale : nous ne devons être ni lâches ni casse- cou, mais